Warren Buffett s’offre une compagnie ferroviaire pour 44 milliards de dollars

- Fond d’investissemnt privé
Le célèbre investisseur Warren Buffett repart à l’offensive. Il a mis 44 milliards de dollars sur la table pour prendre le contrôle de la compagnie ferroviaire américaine Burlington Northern Santa Fe (BNSF). C’est la plus grosse acquisition de l’histoire de son fonds d’investissement, Berkshire Hathaway.
Warren Buffett va débourser 34 milliard de dollars en cash et en actions pour racheter les 77,4% du capital qui lui manque. Il assumera en outre la dette de 10 milliards de dollars de l’entreprise.
Cette annonce marque la reprise des opérations d’envergure pour Warren Buffett. Ses derniers investissements massifs ont été effectués dans Swiss Re (2,6 milliards de dollars) en février 2009, ainsi que Goldman Sachs (5 milliards de dollars), General Electric (3 milliards) et Dow Chemical (3 milliards) en 2008.
“Je mise mon tapis sur l’avenir économique des Etats-Unis”, a-t-il expliqué, selon Bloomberg. Le milliardaire estime que la croissance américaine est dépendante d’un système ferroviaire efficace.
BNSF est l’une des plus grandes compagnies de chemins de fer spécialisées dans le fret ferroviaire aux Etats-Unis, avec l’Union Pacific Railroad. BNSF a dégagé un résultat net de 488 millions de dollars au deuxième trimestre, en baisse de 29%, pour un chiffre d’affaires de 3,59 milliards (-26,7%).
Pour expliquer pourquoi son choix s’était porté sur BNSF, le numéro deux du secteur, basé à Fort Worth, au Texas, il a vanté sa gestion «très économe», et «extraordinairement écologique»: «BNSF a transporté en moyenne une tonne de marchandise sur 471 milles [753,6 km] avec un seul gallon [3,8 litres] de diesel», a-t-il souligné. «Cela économise énormément d’énergie et réduit l’encombrement des routes», a ajouté M. Buffett sur la chaîne télévisée d’informations financières CNBC.
L’équipe de direction de BNSF, un réseau très présent dans le Midwest avec des couloirs le long de la côte Pacifique et dans le sud du pays, devrait rester en place, sous la direction de son p.-d.g. actuel Matthew Rose, auquel M. Buffett a rendu hommage.
Surnommé «l’oracle d’Omaha» pour la prudence et la sagesse de ses choix d’investissement, M. Buffett a indiqué qu’il lui avait suffi d’un quart d’heure pour décider de reprendre les affaires de M. Rose.
Le mois dernier, le groupe BNSF, qui gère 32 000 milles (51 200 km) de voies ferrées et d’immenses trains de marchandises transportant charbon, minéraux, métaux, produits agricoles, pièces automobiles et produits de grande consommation dans 28 États américains et deux provinces canadiennes, avait déçu les marchés en publiant un chiffre d’affaires trimestriel en chute de presque 27 %.
L’an dernier, son chiffre d’affaires avait atteint 18 milliards, près du tiers de l’ensemble du secteur ferroviaire américain (63 milliards), pour un bénéfice net de 3,9 milliards.
M. Buffett, qui possède aussi des parts du grand rival de BNSF, Union Pacific, n’a jamais caché son intérêt pour le secteur. «La prospérité future de notre pays dépend de l’existence d’un système ferroviaire efficace et en bon état», a expliqué M. Buffett, 79 ans, dans un communiqué, soulignant que l’opération revenait aussi à «tout miser sur l’avenir économique des États-Unis». «J’adore ce genre de paris», a-t-il ajouté.
